Nucléaire et renouvelables : une complémentarité nécessaire au service de la France

20/12/2025

Le nucléaire, socle indispensable de notre système électrique

La France dispose d'un atout stratégique majeur que le monde entier nous envie : un parc nucléaire puissant, performant et à bas carbone. Cette infrastructure exceptionnelle, fruit de décennies d'investissements et d'expertise française, constitue l'épine dorsale de notre système électrique. La CFTC Environnement défend avec conviction cette filière d'excellence qui garantit notre souveraineté énergétique tout en protégeant le climat.

Le nucléaire n'est pas simplement une source d'énergie parmi d'autres : c'est la seule technologie capable de produire massivement de l'électricité bas carbone de manière pilotable et prévisible. Cette caractéristique fondamentale fait toute la différence dans la réalité quotidienne de notre approvisionnement électrique.

Contrairement aux énergies renouvelables intermittentes, le nucléaire produit de l'électricité en continu, jour et nuit, par tous les temps. Cette stabilité de production représente un avantage décisif pour notre économie et notre mode de vie. Lorsqu'une vague de froid s'abat sur la France en janvier et que la consommation électrique explose en soirée, ce sont nos réacteurs nucléaires qui assurent la continuité de l'approvisionnement, pas les éoliennes immobilisées par un anticyclone.

L'intermittence des renouvelables : un défi technique majeur

Soyons clairs sur un point essentiel : les énergies renouvelables intermittentes comme l'éolien et le solaire ne peuvent pas, techniquement, assurer seules l'alimentation électrique d'un grand pays industrialisé. Cette réalité physique n'est pas une opinion mais un fait scientifique établi.

Le solaire photovoltaïque ne produit que lorsque le soleil brille, avec un facteur de charge moyen d'environ quinze pour cent en France. Autrement dit, une installation solaire ne fonctionne à sa capacité nominale qu'un sixième du temps. La nuit, elle ne produit strictement rien. L'éolien fait légèrement mieux avec un facteur de charge terrestre d'environ vingt-cinq pour cent, mais sa production reste entièrement dépendante des caprices du vent.

Cette intermittence pose un problème fondamental : comment alimenter les foyers, les hôpitaux, les usines et les commerces lorsque le vent ne souffle pas et que le soleil est couché ? La réponse est brutale : sans une source d'énergie pilotable en complément, c'est tout simplement impossible. Les renouvelables intermittents nécessitent impérativement un système de secours permanent, capable de prendre le relais à tout moment.

À l'échelle européenne, les pays qui ont massivement investi dans l'éolien et le solaire ont tous conservé ou développé des centrales à gaz pour compenser cette intermittence. L'Allemagne, souvent citée en exemple pour son développement des renouvelables, maintient des dizaines de gigawatts de centrales au charbon et au gaz précisément pour cette raison. Chaque fois qu'une éolienne s'arrête, il faut bien qu'une centrale fossile démarre.

Le nucléaire : le véritable complément des renouvelables

Renversons la perspective habituelle : ce ne sont pas les renouvelables qui complètent le nucléaire, mais bien le nucléaire qui rend les renouvelables utilisables à grande échelle. Sans l'assurance d'une production pilotable et stable fournie par nos réacteurs, le déploiement massif d'éoliennes et de panneaux solaires conduirait inéluctablement à une dépendance accrue aux énergies fossiles.

La France, grâce à son parc nucléaire, peut intégrer des énergies renouvelables sans compromettre sa sécurité d'approvisionnement ni augmenter ses émissions de gaz à effet de serre. Nos réacteurs ajustent leur production pour compenser les variations de l'éolien et du solaire, garantissant l'équilibre permanent du réseau électrique. Cette capacité de modulation, acquise dès la conception de notre parc, représente un atout technique considérable.

Lorsque les éoliennes produisent abondamment un jour de grand vent, le nucléaire réduit légèrement sa production. À l'inverse, lors d'une période anticyclonique sans vent, nos réacteurs augmentent leur niveau pour compenser. Cette flexibilité fait du nucléaire français le parfait partenaire des énergies renouvelables, bien plus efficace et propre que les centrales à gaz qui remplissent ce rôle dans d'autres pays.

Des bénéfices économiques considérables pour les travailleurs et les contribuables

Le choix d'un système électrique centré sur le nucléaire plutôt que sur les renouvelables intermittents présente des avantages économiques massifs, souvent ignorés dans le débat public mais cruciaux pour les travailleurs et les contribuables français.

Premier avantage décisif : l'infrastructure réseau. Une centrale nucléaire concentre une puissance de production considérable sur un site unique. Les quatre réacteurs de la centrale de Cattenom, par exemple, représentent une puissance de plus de cinq mille mégawatts sur quelques hectares seulement. Pour produire l'équivalent en éolien terrestre, il faudrait installer plus de deux mille éoliennes réparties sur des centaines de kilomètres carrés.

Cette concentration de la production nucléaire permet une économie colossale sur les infrastructures de transport d'électricité. Au lieu de construire des milliers de kilomètres de lignes haute tension pour collecter l'électricité de parcs éoliens dispersés aux quatre coins du territoire, quelques lignes suffisent pour acheminer la production des centrales nucléaires vers les zones de consommation. Les investissements réseau liés au développement de l'éolien en mer à lui seul sont estimés à trente-sept milliards d'euros selon le gestionnaire du réseau RTE.

Ces économies d'infrastructure se traduisent directement par des factures d'électricité plus basses pour tous les Français. Le TURPE, cette partie de la facture qui finance le transport et la distribution de l'électricité, augmente mécaniquement avec le développement des énergies renouvelables dispersées. Chaque nouvelle éolienne, chaque nouveau parc solaire nécessite son raccordement au réseau, des investissements dont le coût est mutualisé entre tous les consommateurs.

La stabilité de production du nucléaire évite également les coûts cachés liés à l'intermittence. Pas besoin d'investir massivement dans des systèmes de stockage coûteux, pas besoin de maintenir en permanence des centrales thermiques en état de marche pour pallier les défaillances de production renouvelable. Ces coûts, difficiles à quantifier précisément mais bien réels, pèsent lourdement sur les systèmes électriques fortement dépendants des renouvelables intermittents.

Pour les entreprises industrielles, grandes consommatrices d'électricité, la différence est vitale. Une usine sidérurgique, une papeterie, une entreprise chimique ont besoin d'un approvisionnement électrique stable et prévisible. Le nucléaire garantit cette stabilité sans laquelle notre tissu industriel serait menacé. La compétitivité de nos entreprises face à la concurrence internationale repose en partie sur l'accès à une électricité abondante et à coût maîtrisé que seul le nucléaire peut fournir de manière fiable.

La question du stockage : une illusion coûteuse

Certains défenseurs d'un système entièrement renouvelable avancent que le développement du stockage par batteries résoudra le problème de l'intermittence. Cette vision relève davantage de l'espoir technologique que de la réalité économique et physique.

Pour stocker l'équivalent de quelques heures de consommation électrique française, il faudrait des dizaines de milliers de mégawattheures de capacité de batteries. Le coût de ces installations se chiffrerait en dizaines de milliards d'euros, sans compter leur remplacement régulier et leur impact environnemental lié à l'extraction des métaux rares nécessaires à leur fabrication.

Le nucléaire, lui, n'a pas besoin de stockage. L'uranium contenu dans les cœurs de nos réacteurs constitue un stock d'énergie considérable, disponible à tout moment. Un seul chargement de combustible permet de produire de l'électricité pendant dix-huit mois en continu. Cette forme de "stockage" naturel représente un avantage économique et stratégique immense.

Une question de souveraineté et d'emplois

Au-delà des aspects techniques et économiques, le choix du nucléaire comme socle de notre système électrique relève également de la souveraineté nationale. La filière nucléaire française emploie deux cent vingt mille professionnels répartis dans deux mille six cents entreprises sur tout le territoire. Ces emplois qualifiés, non délocalisables, constituent un patrimoine industriel précieux.

La production d'électricité nucléaire repose sur un combustible dont les besoins annuels se comptent en quelques centaines de tonnes seulement, facilement stockables sur le territoire national. À l'inverse, un système massivement éolien et solaire nécessiterait l'importation continue d'équipements fabriqués majoritairement en Chine, créant une dépendance stratégique inacceptable.

Les panneaux solaires et les éoliennes ont une durée de vie limitée, entre vingt et trente ans. Leur remplacement régulier génère des flux d'importations constants, au détriment de notre balance commerciale et de notre indépendance énergétique. Le nucléaire, avec des réacteurs dont la durée de vie peut atteindre soixante ans ou plus, offre une stabilité et une prévisibilité sans commune mesure.

Les renouvelables : un complément utile mais insuffisant

La CFTC Environnement ne rejette pas les énergies renouvelables. Nous reconnaissons leur utilité en tant que complément à notre production nucléaire. L'hydroélectricité, première des énergies renouvelables françaises, joue depuis des décennies un rôle crucial dans l'équilibre du réseau grâce à sa pilotabilité. La biomasse et le biogaz, qui valorisent nos ressources locales, méritent d'être développés en synergie avec nos territoires ruraux.

Même l'éolien et le solaire ont leur place dans un mix équilibré, à condition de ne pas inverser les priorités. Ces technologies peuvent contribuer à la production électrique lorsque les conditions météorologiques sont favorables, réduisant d'autant la sollicitation du parc nucléaire. Mais elles ne peuvent en aucun cas prétendre remplacer le nucléaire sans provoquer soit un retour massif aux énergies fossiles, soit un effondrement de notre sécurité d'approvisionnement.

Le développement des renouvelables doit donc se faire de manière raisonnée, en tenant compte de leur intermittence structurelle et de leurs coûts réels incluant les infrastructures réseau et les systèmes de compensation nécessaires. Privilégier les sites les plus productifs, minimiser les impacts paysagers et environnementaux, favoriser l'acceptabilité locale : tels doivent être les critères guidant leur déploiement.

Une vision équilibrée au service de la France

La CFTC Environnement défend une vision pragmatique de notre politique énergétique, fondée sur les réalités techniques et économiques plutôt que sur des idéologies. Le nucléaire doit rester le pilier central de notre système électrique, complété intelligemment par des énergies renouvelables adaptées à notre territoire.

Cette approche équilibrée permet de concilier nos objectifs climatiques avec les impératifs économiques et sociaux. Elle garantit aux travailleurs français un accès à une énergie compétitive, aux entreprises la stabilité nécessaire à leur développement, et aux contribuables une maîtrise des coûts du système électrique.

Plutôt que de poursuivre le mirage d'un système entièrement renouvelable qui conduirait inéluctablement à une multiplication des coûts et une fragilisation de notre approvisionnement, investissons dans la modernisation et l'extension de notre parc nucléaire. Les nouveaux réacteurs EPR 2, combinés à l'optimisation de notre parc existant, assureront pour les décennies à venir une électricité abondante, stable, à bas carbone et à prix maîtrisé.

C'est cette vision d'une France souveraine énergétiquement, compétitive économiquement et écologiquement responsable que la CFTC Environnement porte avec détermination. Une vision où le nucléaire ne s'oppose pas aux renouvelables mais leur permet d'exister utilement, au service du bien commun et de la dignité des travailleurs français.

Alexandru-Victor Andrei 

Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer